Solidarité avec les réfugiés
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Le conseil municipal du 26 septembre a rejeté un voeu proposant que la ville du Havre s’engage à participer à la hauteur de ses moyens à l’accueil des populations réfugiées. Le FN, les LR et l’UDI ont voté contre. Le PS, le PCF, les Insoumis et le groupe Nouvelle Gauche ont voté pour. Le seul argument de l’extrême-droite : « pour le FN, c’est NIET ». Ils ont au moins eu la décence de ne pas en rajouter 🙂

Le maire l’a rejeté au prétexte que nous avions déjà adopté l’année dernière un voeu similaire, par ailleurs déposé par EELV dont le titre était Le Havre ville portuaire et cosmopolite, solidaire des réfugiés du monde entier. Tout en saluant le travail formidable de Damien Carême – le maire de Grande-Synthe qu’il avait invité et rencontré dans le cadre du LH Forum – il ne souhaite plus afficher publiquement la solidarité du Havre avec les réfugiés.

Le maire l’a d’ailleurs affirmé lui-même en séance : la ville fait beaucoup, il est facile de s’en assurer auprès de services de l’état, mais elle ne souhaite surtout pas en faire de publicité. Nous sommes en droit de nous poser la question : le maire nous promène-t-il en bateau ou est-il atteint d’une forme de solidarité honteuse ?

 

 

Migrants
Le Havre, ville refuge et solidaire

Ces derniers mois, l’Europe voit arriver à ses frontières de nombreux réfugiés poussés par les crises politiques, militaires, économiques et climatiques. Il est du devoir de tout être humain de porter assistance à ses semblables et il n’est pas acceptable que ceux qui sont en capacité d’aider ne prennent pas leur part.

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière son intention de répartir les réfugié-es sur le territoire national, ce qui passe par la création de 9 000 places dans des centres d’accueil et d’orientation. En réaction, certaines régions s’opposent de manière particulièrement véhémente à ce plan, évoquant en outre avec mauvaise foi la création de « mini-Calais ».
La ville du Havre continue d’en appeler à la solidarité pour prendre en charge tous les réfugié-es, provenant de pays en guerre, fuyant la misère et la détresse, luttant pour leur survie… C’est dans cet esprit de solidarité que le maire EELV de Grande-Synthe (Nord), Damien CAREME, avec le soutien essentiel d’associations humanitaires, a courageusement mis en place un camp d’accueil temporaire de réfugié-es répondant aux normes internationales. Il a préféré l’action pour la dignité plutôt que l’inaction dans la lâcheté.
Loin des chiffres abstraits, il s’agit bien de femmes, d’hommes et d’enfants qui arrivent dans des conditions indignes dans l’Union européenne, dont les autorités sont incapables de se coordonner et de se mettre en accord avec les idéaux de paix, de solidarité et d’humanisme qui en sont pourtant les fondements.
Nous avons affaire à un phénomène structurel et non conjoncturel. Les facteurs des migrations (économie, guerre, climat, …) interagissent entre eux et, sans lutte déterminée et efficace contre le changement climatique, les réfugié‑es seront demain autrement plus nombreux/euses.
En réalité, loin d’être face à une « crise des réfugié-es », nous avons provoqué par absence d’anticipation, inaction et parfois indifférence, une crise de l’accueil des réfugié-es, une crise des solidarités humaines. Ce que nous voulons soutenir, ce ne sont pas des « mini-Calais » mais des Grande Synthe.

C’est pour ces raisons que le conseil municipal du Havre déclare que la commune s’engage dans une démarche de Ville Refuge pour participer à la hauteur de ses moyens à l’accueil des populations réfugiées.